Flics à la PJ – T.1 GO FAST !

Flics à la PJ – T.1 GO FAST !

Note de l'auteur

« Police, milice tout est factice », éructait ce bon vieux Bernie Bonvoisin il y a quelques décades. Eh bien, dans cette ouverture de série, dédiée au quotidien des flics de la PJ, le refrain de Trust n’a pas grand chose à faire. On est dans le vrai, dans le réel et dans les contingences au jour le jour. Un récit très bien calibré et autobiographique avec même du Pierre Perret et du Michel Leeb dedans. En vrai !

L’histoire : 1999, le vol singulier d’une BMW cabriolet 505 de 1955 met le feu aux poudres d’une enquête qui n’existait jusqu’alors pas. A partir de ce larcin, les flics de la PJ de Versailles vont décrocher leur plus grosse saisie de dope dans une aventure au long cours. Le tout avec, en fil rouge, un personnage principal, un condé réunionnais, en mode sa vie, son œuvre.

Mon avis : r-é-a-l-i-s-m-e, n’hésitez pas à bien détacher les lettres en lisant ce mot. On a l’impression d’entrer dans un reportage ou un documentaire sur le métier et les us et coutumes des roussins. Pas en mode « 24 h avec les gendarmes de La Grande-Motte », hein, qui pullulent sur les chaînes de la TNT, sans grosse perspectives, ni contextualisation. Plutôt dans la décortication de comment procèdent les bourres pour mener à bien des enquêtes de longue haleine. Avec, également, le côté très humain incarné par le lieutenant Armoët dont les auteurs déroulent la vie depuis sa tendre enfance avec quelques flashes bien sentis.

Derrière la fonction, il y a évidemment l’homme. Et, en l’espèce, le destin d’un môme de l’hémisphère sud qui ne rêvait que d’une chose celle d’épouser et son amoureuse d’une famille de la haute et sa vocation de policier. Il réussira les deux et ce récit tient sa force et sa vérité de sa nature autobiographique. Ces petites incises amènent une respiration dans la narration de la grosse enquête qui l’habite.

Cette dernière est précisément racontée. Step by step. Avec des lenteurs assumées pour expliquer la procédure, ses chausse-trapes, ses réussites. On est embarqué dans cette histoire et on fait un peu partie de cette équipe de flicards qui correspondent plutôt bien aux présupposés que l’on peut avoir. Le scénario est bien monté et réserve quelques petites surprises qui valent leur pesant de cacahuètes.

Vous l’aurez aisément saisi, on a kiffé cette BD policière qui nous offre un regard forcément un peu partial mais bien acéré sur la réalité d’un service de police judiciaire.

Si vous aimez : 36 quai des orfèvres d’Olivier Marchal

En accompagnement : le combi sandwiches-binouzes qui sied à toute bonne surveillance dans un sous-marin.

Autour de la BD : pour mettre en musique le récit de Ludovic Armoët, l’excellent Eric Corbeyran (Alto plano, château bordeaux et tant d’autres). Le trait de Luca Malisan est plutôt réaliste et agressif. Moins fan, en revanche, de la une qui ne donne pas très envie.

Extraits : « Pierre Perret s’est fait piquer sa caisse »

« Et ? »

« Et il va falloir retrouver la zizimobile… Et c’est toi qui vas t’y coller! »

« C’est malin ! Je vais avoir la chanson du « zizi » dans la tête toute la journée ! »

« Vaut mieux l’avoir dans la tête que dans le cul »

« Houuu ! Bien vu Wil ! Tu es en forme »

Écrit par Corbeyran
Dessiné par Luca Malisan
Édité par Delcourt

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