On a fait le tri n°77

Parce qu’on n’a malheureusement pas le temps de vous parler en détail de tous les bouquins qui sont passés entre nos mains, « On a fait le tri » revient sur les sorties, plus ou moins récentes, de la planète BD.

QATAR, LE LUSTRE & L’ORIENT

C’est une BD extrêmement bien faite. De saison, aussi. Avec la Coupe du monde de football qui met le petit émirat au centre de toutes les attentions mondiales. Un micro-pays qui arbore une macro-importance dans le soft power. La petite péninsule fait aussi l’objet de toutes les convoitises et de toutes les illusions des occidentaux que nous campons. C’est là que l’intérêt de cet ouvrage réside en plein. Sur le côté pédagogique de la construction de cette véritable cité-état. Du Qatar, on ne connait généralement que le possesseur du PSG, Al Jazeera ou encore les buildings dernier cri de Doha. Moins son histoire et son indépendance qui ne date que de 1971.

Bref, on est moins bête après qu’avant la lecture et cette BD docu permet aussi de tempérer ses jugements sur un richissime pays aussi petit que son audience internationale est grande. Du difficile usage de la synthèse entre Orient et Occident.

Écrit par Victor Valentini et Emmanuel Picq
Dessiné par Emmanuel Picq
Édité par Delcourt

MALIK OUSSEKINE – CONTRECOUPS

Il y a des rééditions qui sont plus attendues que d’autres. Là, il aura fallu attendre six ans pour retrouver le très juste récit de la mort de ce jeune étudiant de 22 ans. Le titre a d’ailleurs été inversé pour l’occasion. 36 ans après, on est encore nombreux à se souvenir de cette violence policière qui a tué un des enfants de la France. La Petite de Renaud n’est d’ailleurs pas près de l’oublier. La contestation de la loi Devaquet (au piquet) tend la situation pendant des semaines en cette fin 1986. C’est alors que « pour faire régner l’ordre public, ils assassinent impunément », vers emprunté au chanteur énervant, et Malik Oussekine sera tué par trois CRS qui appartenaient aux voltigeurs.

Pour ne pas oublier, pour ne pas s’oublier face à la violence policière, malheureusement, encore présente par moment, cette BD se doit d’être lue.

Écrit par Laurent Frédéric Bollée
Dessiné par Jeanne Puchol
Édité par Casterman

DURANGO LA JEUNESSE – LE PREMIER HOMME QUE TU TUERAS

Retour à la source. Aux origines. Du haut de ses 17 volumes, la série originale avait besoin de se renouveler ou de créer de nouvelles voies. Et bim, place à la jeunesse du héros. A la manière, beaucoup plus complète d’un Mike Steve Blueberry, voici John Lane avant qu’il ne devienne Durango. En 1886, Texas, un mystérieux assassin réussit à ressusciter les guerres intestines entre les éleveurs. Au milieu de cette tension, le futur Durango se fait embaucher par le ranch Warren. Le début d’une vocation puisque jusque-là, adroit avec une vieille pétoire, il n’avait pas encore tué un homme. Le destin du pacificateur se joue là.

La jeunesse est prévue en trois tomes et reste fidèle à l’œuvre originale. C’est de la belle ouvrage, un western pointu et précis qui donne envie de se remettre à la lecture de la série initiale.

Écrit par Yves Swolfs
Dessiné par Roman Surzhenko
Édité par Soleil

MOBIUS – T.3. LE RETOUR DES ÂMES MORTES

Suite et fin de la trilogie menée par le prolifique Jean-Pierre Pécau avec son étrange Môbius. Un road-movie fantastique et ésotérique aux couleurs chatoyantes et aux influences nombreuses. Prosaïquement, Berg et Lee sont toujours confrontés aux neuf démons. Sauf qu’une légende tzigane assure que le 10e démon sera la solution pour lutter contre le diable. Échappé de la Ville qui rêve, le duo va devoir jongler entre les mondes pour trouver la solution et tenter de sauver la face.

Aussi étrange qu’entêtant, ce récit n’est pas à mettre dans toutes les pognes mais le scénario et le spectaculaire trait méritent qu’on s’y arrête.

Écrit par Jean-Pierre Pécau
Dessiné par Igor Kordey
Édité par Delcourt

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