Tohu: mécanique céleste

Tohu: mécanique céleste

Note de l'auteur

Alors que l’âge d’or du point & click est désormais derrière nous, des petits studios indépendants continuent à perpétuer la tradition en s’attaquant à tout type de public pour sortir du lot. Tohu est de ceux-là, et cherche à touche les jeunes joueurs grâce à son univers enfantin.

Développé par le studio Fireart Games et The Irregular Corporation, Tohu raconte l’histoire d’une petite fille vivant sur une île (en fait un animal géant) flottante au milieu de dizaine d’autres, mais dont la machine chargée de fournir de l’énergie tombe en panne. Elle va devoir partir à la recherche de son oncle, le seul renfort disponible pour l’aider à résoudre son problème. Petite particularité: notre héroïne a la capacité de se transformer en un mystérieux robot plutôt costaud, qui répond au nom de Cubus.

La première chose qui frappe dans Tohu, c’est le style visuel. Affublé d’une magnifique 2D, le jeu fourmille de détails dans chacun des tableaux, regorgeant de petites créatures volant en arrière-plan ou de bestioles aux designs étonnants qui ont toujours un problème à vous soumettre. On y mélange aussi bien du steampunk brinquebalant que des créatures étranges et mystiques sans jamais trop expliquer le pourquoi du comment. Mais est-ce que c’est nécessaire ? Bien sûr que non, la magie de Tohu réside dans sa folie douce qui permet à un escargot d’avoir un orgue greffé sur sa coquille ou de faire voler une petites soucoupes entre les niveaux à l’aide de quatre libellules géantes. On se croirait dans un Machinarium pour enfants, et l’expressivité de tous les personnages est un bonheur pour les yeux.

Un jeu d’aventure pour les enfants: voilà comment on pourrait définir Tohu lorsque l’on parcourt cette courte aventure, qui ne demandera que 4 heures pour un joueur aguerri, et sûrement un peu plus pour un enfant découvrant le genre. Il faut malgré tout noter que les énigmes, si elles restent simples, ne sont pas forcément évidentes dès le début, faute à de sérieux manques d’explications narratives. Les objectifs demandés le sont parce que c’est ce que le jeu demande pour faire avancer la trame, mais on se pose parfois la question de l’utilité de telle ou telle énigme avant qu’on la termine et qu’on constate comment elle fait avancer l’histoire.

Il faut également souligner un manque de narration, où il a fallu plusieurs fois passer par le menu d’objectifs pour savoir ce qu’il fallait faire. Je pense par exemple au niveau où l’héroïne doit récupérer des outils enfermés dans un coffre solidement gardé par un marchand dans une baignoire (!). Rien n’indique dans les dialogues ou les scènettes comment arriver à ses fins, et il faudra aller fouiller les objectifs dans un menu annexe pour découvrir que trois tickets permettent d’ouvrir le coffre. Un manque de logique étonnant pour un jeu qui se veut pas particulièrement compliquée, mais le devient parfois par manque d’indications.

Plus problématique: les versions consoles bénéficient d’un portage très laborieux. Sur PS4, on constate dès le début un temps de réponse assez long lorsque l’on déplace le pointeur à la manette. On note également de vrais soucis de précision lorsque l’on doit cliquer sur un endroit précis, occasionnant souvent des erreurs d’actions parce deux actions sont trop proche l’une de l’autre et que la manette n’offre aucune précision convenable. Mais le summum arrivera lors des quelques mini-jeux comme ce tape-taupes inversé, qui demande des réflexes rapides pour parvenir à ses fins. Un mini-jeu qui se fait probablement les doigts dans le nez à la souris, mais qui est un véritable enfer à la manette. Un vrai problème d’adaptation, où on se demande même si les versions consoles ont été testés tellement ces passages sont aberrants.

Cette multitude de défauts devient difficile à ignorer quand elle entache continuellement le jeu au cours de l’aventure. Tohu est une jolie histoire, pas extrêmement originale mais suffisamment riche et jolie pour intéresser les plus jeunes. Sur PC, nul doute que les soucis de maniabilité cités plus haut ne sont plus un problème, mais il est dommage de constater que les versions consoles n’ont pas bénéficié du même soin. Il faudra aussi noter un niveau (celui de la fête foraine) qui est loin d’être un modèle de fluidité, peut-être dû au nombre d’éléments affichés en même temps. On conseillera l’aventure sur PC si c’est possible, Tohu étant une belle balade de quelques heures qui occupera très bien les enfants avec l’aide de leurs parents.

Tohu

Développeur: Fireart Games
Editeur: The Irregular Corporation
Plate-formes: SWITCH / PS4 / XBOX ONE / PC
Prix: 13 euros

Partager